La Scena Musicale

Friday, 8 February 2008

Beethoven : Intégrale des symphonies

hr-Sinfonieorchester, Hugh Wolff
hrmj 039-07
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Le meilleur moyen de se plonger dans l’œuvre d’un compositeur et de pouvoir suivre son cheminement reste l’écoute d’une bonne intégrale. Dans le cas de Beethoven, probablement le compositeur le plus influent de l’histoire de la musique, une intégrale de ses neuf symphonies s’avère absolument indispensable; c’est le genre (avec les sonates pour piano) dans lequel son langage musical et expressif s’est le plus développé. Dans ses premières symphonies, on entend clairement l’influence des grands maîtres classiques, Haydn et Mozart, mais on peut déjà sentir une énergie colossale qui gronde et qui ne demande qu’à exploser. Alors Beethoven explore, élargit la forme, enrichit sa palette expressive de sonorités robustes et dissonantes. Dès sa troisième symphonie, et à chacune des suivantes, Beethoven réinvente le genre : introductions plus élaborées, remplacement du menuet traditionnel par des scherzos impétueux, musique à programme, utilisation de la voix; toutes des innovations apportées par Beethoven et qui contribuèrent à l’émergence du romantisme. Les symphonies de Beethoven eurent une influence énorme sur ses successeurs, notamment Schubert et Brahms.

La présente intégrale est digne d’intérêt et saura faire sa place parmi les grandes de la discographie (Philharmonique de Berlin/Karajan, Orchestre Révolutionnaire et Romantique/Gardiner, entre autres). Le chef américain Hugh Wolff a mis au service de la musique ses connaissances acquises en interprétation d’époque : on retrouve avec joie cors et trompettes naturels, petites timbales et cordes jouant avec un vibrato minimal. Ceci, sans rien enlever à l’expressivité de cette musique, en rehausse les timbres; voici certainement ce que Beethoven avait en tête lorsqu’il composait ses chefs d’œuvre. Les cuivres ont beau être éclatants (quels effets de bouché aux cors !), ils ne sont jamais écrasants. Ceci permet aux bois de jouer à l’aise sans crainte d’être perdus dans la masse sonore. Wolff fait ressortir le caractère si personnel de chacune des symphonies et tire de son orchestre une énergie impressionnante. Dans la 9e symphonie (Hymne à la Joie), la seule à être captée devant public, les voix sont solides et justes; on ne perd rien du chœur.

Le livret inclus dans le coffret constitue une belle surprise. On y trouve quantité d’images d’archives, de portraits du compositeur et de textes informatifs : chaque symphonie est décortiquée et son contexte éclairci. On comprend donc mieux le cheminement de Beethoven. Seul regret : le texte n’est qu’en anglais et en allemand.

-Louis-Pierre Bergeron

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