La Scena Musicale

Wednesday, 11 November 2009

À la découverte d’une compositrice méconnue : les œuvres de Francesca Caccini

Par Isabelle Soraru

Le 6 novembre 2009 dernier, dans le cadre de la série Clavecin en concert, on a pu découvrir à la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours les œuvres d’une compositrice baroque encore mal connue : Francesca Caccini (1587-1640), fille aînée du grand Giulio Caccini. Compositrice, luthiste, chanteuse, elle fut la première femme à composer des opéras. Le roi Henri IV, dit-on, fut charmé par sa voix et Claudio Monteverdi fit son éloge lorsqu’il l’entendit à Florence en 1610. Son écriture vocale, d’une grande beauté, témoigne de sa grande maîtrise de l’art musical et d’une approche parfois audacieuse de l’écriture, influencée par l’Académie florentine dont les recherches musicales visaient à trouver une nouvelle manière d’exprimer les passions, ou affetti.

Ce concert faisait la part belle au chant, alternant canzonettes pleines de légèreté avec des madrigaux et arie, genres plus sérieux, mais on a pu aussi entendre de belles pages de Pellegrini à la guitare baroque et quelques œuvres de Frescobaldi.

L’ensemble musical, composé de trois instrumentistes (Luc Beauséjour au clavecin et à l’orgue positif, Sylvain Bergeron à la guitare baroque et au théorbe, Amanda Keesmat au violoncelle baroque) et de la soprano Shannon Mercier au chant, fait preuve d’une belle homogénéité sonore, tout en délicatesse et en intensité musicale. On retiendra, dans cette interprétation d’une grande qualité, le magnifique aria « Lasciatemi » (« Laissez-moi seule ») aux chromatismes surprenants et poignants d’une grande force dramatique, s’inscrivant dans la tradition des grands lamenti baroques, comme le célèbre Lamento d’Arianna de Monteverdi.

Extraites du Primo libro de Francesca Cacccini, les œuvres présentées donnaient un aperçu de la richesse du recueil de cette compositrice dont les œuvres mériteraient sans nul doute d’être mieux connues tant pour leur qualité musicale que pour la personnalité singulière de leur auteure dans un siècle où les créatrices étaient encore rares.

Ce sera chose faite prochainement, puisque la musique de Francesca Caccini entendue lors de ce concert paraîtra sous l’étiquette Analekta début 2010, avec les mêmes interprètes.

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