La Scena Musicale

Thursday, 27 September 2012

Un premier concert réussi pour l'Orchestre Métropolitain


Par Philippe Michaud

Les musiciens de l'Orchestre Métropolitain et son chef Yannick Nézet-Séguin étaient en forme dimanche après-midi pour le premier concert de leur 32e saison. Les exilés du Nouveau Monde rendaient hommage à deux compositeurs européens qui ont vécu une partie de leur vie aux États-Unis : Antonín Dvořák et Sergueï Rachmaninov. L'OM a aussi créé une œuvre de leur compositeur en résidence Éric Champagne.

Le concert a débuté par la Symphonie no 9 en mi mineur « du Nouveau Monde » de Dvořák, l'une des œuvres les plus appréciées du compositeur tchèque et sans doute l'une des œuvres symphoniques les plus jouées du répertoire. Le premier mouvement fait appel à tout l'orchestre. Les cuivres étaient en grande forme. Le deuxième mouvement, qui comporte cette fameuse mélodie remplie de nostalgie jouée par le cor anglais, a été rendu à la perfection. La salle a été attentive tout au long de ce mouvement. On aurait pu entendre voler une mouche! Le troisième et spécialement le dernier mouvement étaient magnifiques. L'orchestre sait très bien quand il doit jouer pianissimo et fortissimo.

L'OM a décidé de placer l'entracte juste après cette œuvre. Ils ont bien fait! L'auditoire avait besoin de souffler un peu, après avoir entendu une interprétation aussi énergique. La deuxième œuvre au menu était Exil intérieur ou les trahisons du rêve américain de Éric Champagne. Cette pièce, d'environ 11 minutes, fait appel à une série de percussions. On y retrouve même cinq boîtes à musique, chose rare dans la musique orchestrale. Le compositeur reconnait s'être inspiré de Dvořák. S'il est vrai qu'au début on peut reconnaitre vaguement la patte du compositeur tchèque, la suite a surpris les spectateurs par les explosions musicales. En somme, l'œuvre reste assez tonale et s'écoute très bien, si l'on aime les œuvres fortes. Le compositeur qui est monté sur scène après l'exécution de sa création a reçu un bon accueil du public et semblait très honoré.

La dernière œuvre de la soirée était la Symphonie no 3 de Rachmaninov. Le maestro a reconnu dans son discours que l'œuvre n'était pas souvent jouée. Il est vrai que l'on joue plus souvent la Symphonie no 2 ou le deuxième concerto pour piano. Cette œuvre en trois mouvements a été composée à la fin de la vie du compositeur russe. Il y a moins de lyrisme que dans ces œuvres antérieures. Les musiciens ont livré une interprétation très correcte, même s'ils auraient pu sûrement faire mieux. Il reste que c'est un habile clin d'œil de la part de M. Nézet-Séguin, lui qui prend la tête de l'Orchestre de Philadelphie, l'orchestre même qui a créé cette symphonie avec Rachmaninov au pupitre. Dans les prochaines années, il souhaite faire de la 3e de Rachmaninov, une de ses œuvres les plus jouées. Espérons qu’il remporte son pari.

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