La Scena Musicale

Monday, 27 January 2014

Le mois de l’histoire des noirs fêté en grand avec Porgy and Bess


Par Marc-Olivier Laramée
Photo : Yves Renaud

Porgy and Bess de Gershwin est présenté par l’Opéra de Montréal dans le cadre de la 23e édition du Mois de l’histoire des Noirs. Cette production est un hommage parfait à ce compositeur ainsi qu’aux grandes figures de l’histoire des Noirs. Avec une distribution exclusivement d’origine afro-américaine, l’Opéra de Montréal a visé juste. Les chanteurs, le chœur invité Montréal Jubilation Gospel Choir, jusqu’au metteur en scène sans oublier le chef d’orchestre Wayne Marshall, tous ont la passion du style de l’opéra de Gershwin.

Nous attendions sans contredit l’air le plus connu de l’œuvre : Summertime, popularisé par Ella Fitzgerald et Louis Armstrong. La soprano canadienne Chantale Nurse, dans le rôle de Clara, une jeune mère chantant cette berceuse, l’entonna dès les premières mesures de l’opéra. Cette interprétation a été nettement moins riche et profonde que voulu. Laisser un rideau semi-transparent lors de la première scène a définitivement assombri cet air. Par contre, les décors surprennent par leur envergure. Tout au long de l’opéra, les changements de décors et d’éclairages furent impressionnants.

Au plan lyrique, les voix d’hommes remportent la palme. Le baryton américain Kenneth Overton, dans le rôle de Porgy, a rendu une performance remarquable. Il avait un défi de taille, chanter l’entièreté de l’opéra à genoux, son personnage étant infirme. Avec une voix puissante et riche, jointe à un talent pour le jeu, Overton est un must. Sa partenaire, la soprano canadienne Measha Brueggergosman, dans le rôle de Bess, est tout aussi talentueuse. On retrouve chez elle une voix pure et agile, combinée à une présence scénique grandiose. Son interprétation de Summertime à la fin de l’opéra est meilleure que celle de Clara.

Toujours en ce qui a trait aux voix d’hommes, Lester Lynch, baryton américain, interprétant le rôle de Crown, fait preuve d’une majesté et d’une puissance dignes des plus grands chanteurs. La seule remarque le concernant sera la scène de viol l’impliquant avec Bess; des puristes de l’opéra pourraient trouver la scène non pertinente. Pour terminer au chapitre des hommes, le ténor américain Jermaine Smith dans rôle de Sportin’ Life, est un très bon acteur, sa voix par contre n’est pas à la hauteur de son jeu.

L’artiste la plus connue au Québec de cette production, la soprano canadienne Marie-Josée Lord, dans le rôle de Serena, confirme son talent de chanteuse. Elle interprète un très bel air au moment de l’exposition de son défunt mari.

Dès les premières notes de l’ouverture, nous avons été captivés par la précision des attaques et le style jazz étonnamment bien interprété par l’Orchestre symphonique de Montréal. D’ailleurs, l’ensemble de la performance de l’orchestre est remarquable, supérieure en certains points à celle de l’Orchestre Métropolitain traditionnellement associé à l’Opéra de Montréal. Une passion pour Gershwin émane sans contredit du chef Marshall du Royaume-Uni. Pas une seule attaque des chanteurs, chœur ou orchestre ne lui échappe.

Mention spéciale au chœur Montréal Jubilation Gospel Choir : il fallait un chœur de ce genre pour rendre hommage à cette œuvre. Une puissance vocale bien différente du chœur habituel a donné un souffle nouveau et enivrant à Porgy and Bess.

Porgy and Bess, Opéra de Montréal
25, 28, 30 janvier ainsi que 1er et 3 février à 19 h 30, salle Wilfrid-Pelletier
Toutes les représentations sont à guichets fermés.




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