La Scena Musicale

Sunday, 21 September 2014

Nabucco, un air de liberté

par Marc-Olivier Laramée
Photos: Yves Renaud


La renommée de l’opéra Nabucco de Verdi n’est plus à faire, depuis sa création à la Scala de Milan le 9 mars 1842, il garantit aux maisons d’opéra une salle comble. Le 20 septembre 2014, soir de première, le public était au rendez-vous, impatient d’entendre l’air de la liberté, Va Pensiero, air qu’il aura aussi en bis.

La maison d’art lyrique montréalaise offre aux mélomanes une distribution somme toute raisonnable. Une soprano d’origine Russe vole toutefois la vedette au roi Nabucco. Il s’agit de Tatiana Melnychenko, dans le rôle phare d’Abigaille, fille du roi, assoiffée de pouvoir. Faisant ses débuts à la compagnie, elle est capable d’effectuer les prouesses vocales des aigües demandé par Verdi, dommage qu’on ne puisse pas en dire autant des graves. Elle a par ailleurs une présence scénique époustouflante.

Dans le rôle de Nabucco, un baryton verdien, l’italien Paolo Gavanelli. Celui-ci bien qu’ovationné par le public, offre une voix normale, sans plus. La chose qu’il réussit bien par contre est la finesse des passages doux, il sait transmettre toute l’émotion voulue par Verdi, grand maître de la voix. Monsieur Gavanelli connaît très bien le rôle, le tout se fait avec aisance, peut-être top.

Les rôles féminins surpassent les autres. Margaret Messacapra mezzo-soprano des États-Unis, jouant Fenena éclipse le ténor Antoine Bélanger dans le rôle d’Ismaele. Elle présente une voix riche qui sait emplir la salle. Le Grand Prêtre Zaccaria, l’ukrainien Ievgen Orlov décevra les amateurs de basse profonde, il semblait avoir la voix fatiguée.

Chez Verdi, la participation des chœurs à l’opéra n’est pas accessoire, elle en est le noyau. Bien sûr, il y a le Va Pensiero dans le dernier acte, mais tout au long de l’œuvre, le chœur de l’Opéra de Montréal livre une bonne performance.

Un opéra n’est rien sans ses musiciens et son maestro. Les musiciens de l’Orchestre Métropolitain, sous la direction du chef italien Francesco Maria Colombo, ont bien fait. Mentions toutes particulières à la flûte traversière ainsi qu’au violoncelle pour leurs solos.

Comment peut-on ne pas oublier les décors somptueux et l’éclairage parfait. Il y eut ici un travail parfait et ce jusque dans la mise en scène. On retrouve une scène en plan incliné qui donne une profondeur et une prestance aux interprètes. Un élément créatif de la mise en scène est l’ajout de spectateurs figurants sur la scène même vêtus en tenues de soirée comme l’Italie de Verdi en 1842. Ils sont présentés pendant l’ouverture de l’opéra. En expliquant qu’au moment de la création, l’Italie était sous la domination autrichienne. Ces personnages se retrouvent sur scène dans des loges et assistent à la représentation. Notez aussi que deux effets pyrotechniques dont un en particulier pourrait surprendre.

En conclusion, une grosse production où les chœurs et deux sœurs permettent de garder en haleine le public.

L’Opéra de Montréal présente Nabucco de Verdi, les 20, 23, 25 et 27 septembre 19h30.
Salle Wilfried-Pelletier de la Place des Arts
Durée 2h40, 2 entractes.
Distribution : Nabucco : Paolo Gavanelli / Abigaille : Tatiana Melnychenko / Zaccaria : Ievgen Orlov / Fenena : Margaret Mezzacappa / Ismaele : Antoine Bélanger / Anna : France Bellemare / Abdallo : Pasquale D'Alessio / Grand Prêtre : Jeremy Bowes / Chef : Francesco Maria Colombo / Metteur en scène : Thaddeus Strassberger, remonté par Leigh Holman / Décors : Thaddeus Strassberger / Costumes : Mattie Ullrich / Éclairages : Mark McCullough (remontés par JAX Messenger) / Choeur de l'Opéra de Montréal / Orchestre Métropolitain
Billets et informations : http://www.operademontreal.com/


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