La Scena Musicale

Tuesday, 11 November 2014

Barbier de Séville à Montréal - Un barbier qui vous fera rire

Par Marc-Olivier Laramée
Photo: Yves Renaud

Étienne Dupuis dans le role de Figaro

Le Barbier de Séville de Rossini est un opéra bouffe, une comédie romantique où ruse et folie côtoient récitatifs et ornements vocaux rossiniens. Le comte Almaviva est éperdu d’amour pour Rosina. Aidé par le barbier Figaro, le jeune amoureux devra, par tous les moyens, surmonter les embûches du vieux Bartolo lui-même prétendant de Rosina.

Souvent dans les productions d’opéra, des chanteurs excellent tandis que d’autres peinent à livrer une performance acceptable. L’Opéra de Montréal présente ici une distribution de chanteurs exempte de corps morts. Pas de diva, mais une distribution bien équilibrée.

Dans le rôle principal de Figaro, le baryton Canadien Étienne Dupuis. Il a un talent indéniable pour la comédie. Son entrée par une porte du parterre est réussie. Accompagné de quatre demoiselles sur scène, ce barbier séducteur est le bouffon idéal pour cet opéra. Coté vocal, rien de surprenant, un bon travail sans plus.

Le ténor Bogdan Mihai de Roumanie fera des prouesses à travers les multiples récitatifs et mille et un ornements. Il a une agilité vocale pertinente pour ce rôle exigeant. Quoique bien rendues, toutes ses interventions comportant d’interminables ornements requièrent un lourd travail perceptible pour l’auditeur. Chaque note donne lieu à un mouvement de tête. Son timbre de voix de ténor lyrique est un peu sombre et reculé. Dans son rôle d’Almaviva, un comte à la conquête du cœur de Rosina, il réussit merveilleusement à établir le lien amoureux. Son double rôle en tant qu’Alonso, le maître de musique remplaçant, est un bijou de jeu scénique. Il est drôle, juste assez. Sans aller dans l’excès comme peut le faire Étienne Dupuis.

La mezzo-soprano espagnole Carol Garcia dans le rôle de Rosina et la basse italienne Carlo Lepore dans le rôle de Bartolo livrent tous deux une bonne prestation. Rosina joue bien la jeune amoureuse. Elle a une voix assez claire pour une mezzo. Bartolo quant à lui est une voix rafraîchissante. Claire dans l’ensemble de son registre vocal, sa voix redore le blason de la basse sombre. Mention spéciale à la révélation vocale dans cette production, la basse italienne Paolo Pecchioli, dans le rôle de Basilo. Il a un registre très étendu, mais surtout de qualité.

Les décors sont ici assez simples. Une maison est ouverte et fermée par les personnages, faits par Robert Prévost et Guy Neveu, grands contributeurs aux arts scéniques québécois.

Côté instrumental, le travail de l’Orchestre Métropolitain est remarquable. L’ouverture de l’opéra, grandement applaudie, était à point avec la finesse du jeu des violons. Dirigé par le chef autrichien expérimenté Christoph Campestrini, l’orchestre est à son meilleur. Complétée par le clavecin et la guitare, la partie instrumentale est sans contredit de très haute qualité.

Le Barbier de Séville, Rossini
Opéra de Montréal
8, 11, 13, 15 et 17 novembre 2014, 19 h 30, salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts
http://www.operademontreal.com/fr/programmation/saison-2014-2015/le-barbier-de-seville#

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