La Scena Musicale

Wednesday, 20 May 2015

Un Noël en mai un peu triste


Marianne Fiset (Anna Sorensen) et Joseph Kaiser (Nicholas Sprink) (Photo: Yves Renaud)

Un Noël en mai un peu triste

Marc-Olivier Laramée



Beaucoup d’entre nous connaissent le film Joyeux Noël réalisé par Christian Carion en 2005, qui a inspiré l’opéra Silent Night. Il avait reçu de nombreux prix ou nominations. L’opéra Silent Night, des Américains Kevin Puts, compositeur, et Mark Campbell, librettiste, n’éblouit pas autant. Il suit somme toute la même trame narrative, mais adaptée en musique. L’Opéra de Montréal le présente avec une distribution exclusivement canadienne.


Parmi les treize chanteurs d’ici, une seule voix se démarque vraiment. La soprano Marianne Fiset serait la seule ou presque à mériter les applaudissements. Dans le rôle d’Anna Sørensen, elle chante a capella un Dona nobis pacem où elle est tout simplement sublime. Rares sont les chanteurs d’opéra qui parviennent à toucher les gens par leur voix seule. Dans une salle Wilfrid-Pelletier en silence complet, elle entonna cet air sorti tout droit du paradis. Il est facile de perdre le ton et de terminer l’aria un demi sinon un ton plus haut, mais Marianne Fiset garda le ton. Dommage qu’elle ne soit pas soutenue par des voix masculines aussi bonnes et intéressantes que la sienne. Un déséquilibre se crée – et c’est peut-être une des raisons qui explique le départ d’une bonne partie de l’auditoire au cours de l’entracte.


Cet opéra n’est pas une grande œuvre où l’on accourt. Il est d’autant plus risqué de présenter Silent Night en mai que le sujet est une trêve qui s’est opérée sur le front la veille de Noël pendant la Première Guerre mondiale. Le décalage temporel est persistant.


Pour ce qui est des rôles masculins, deux des douze chanteurs méritent une mention. Tout d’abord, le ténor Joseph Kaiser dans le rôle de Nikolaus Sprink, amoureux d’Anna, chante d’une voix juste et énergique. Sa voix se marie bien avec celle de sa partenaire. Les deux autres ténors ont encore du travail à faire. Le baryton Phillip Addis, dans le rôle du lieutenant français Audebert, se défend très bien. Sa voix a l’agilité d’un ténor et la richesse d’une basse.


Avant la représentation, on annonce l’utilisation de projections, de coups de feux et d’explosions. Les dix premières minutes de l’opéra ne sont qu’une scène de bataille. Les décors sont réussis, les costumes aussi, mais c’est bien trop long avant qu’on entre dans le vif du sujet, soit le chant. Toujours côté mise en scène, l’utilisation d’un rideau filtre pour y projeter des images nuit à la projection du chant. Le chœur de l’Opéra de Montréal fait un très bon travail tout au long de l’œuvre.


Silent Night, de Kavin Puts et Mark Campbell, Opéra de Montréal, 16-19-21-23 mai 2015, salle Wilfrid-Pelletier, http://www.operademontreal.com


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